C’est dans le monde grec, que Ctésibios (Kstésibios) un ingénieur mécanicien né au IIIe siècle av J-C à Alexandrie est à l’origine de l’orgue. Il est considéré comme le fondateur de l'école des mécaniciens grecs d'Alexandrie et l’auteur d’un Hydraulis (hydra = eau / aulis = action de souffler) c'est à dire une machine à air comprimé par le biais de l'eau. Il trouve en effet le moyen d'introduire de l'air dans une cloche qui repose dans un bac rempli d'eau et c'est l'élasticité du liquide qui permet de comprimer l'air. Les clapets anti-retour permettent de conserver une réserve d'air...
Cent ans plus tard on trouve désormais dans les textes le terme d’Hydraulos (Hydra = eau / aulos instrument de musique à anche double, ancêtre du hautbois) preuve que cette machine soufflante a trouvé une application musicale en se substituant au souffle limité de l'homme. Les aulètes (hautboïstes) se mettaient une muselière sur les joues (phorbeia) afin de créer le plus de pression possible face à un instrument puissant qui nécessitait une grande pression et une consommation d’air colossale. L'Hydraulos est donc une machine soufflante faisant entendre des tuyaux d'anches à la sonorité puissante et utilisé dans les sonneries de plein air...Mais il va rapidement devenir à usage réservé pour accompagner les pompes royales et impériales dans le monde bysantin. C’est lui qui donnera un jour l’orgue dit Régale (de régalis = royal) et l’utilisation d’une soufflerie pneumatique dont l’eau sera complètement étrangère…
Partant de ces principes techniques, on tend aujourd’hui à généraliser que l’orgue est plus une suite de moyens techniques permettant de faire parler des instruments préexistants (ou tentant de les imiter selon les possibilités offertes par des tuyaux) qu’un instrument de musique proprement dit. C’est ce qui expliquerait d’ailleurs que les orgues soient sans cesse modernisés afin d’offrir à l’interprète les derniers perfectionnements techniques connus…
Un orgue a été offert par une ambassade de Constantin V, empereur de Byzance, à Pépin le Bref en 757. Cette réintroduction de l’instrument orgue en Occident, qui avait disparu après les invasions barbares, n’a d’abord servi qu’à rehausser la pompe profane des palais. Ce n’est que progressivement qu’il fait son entrée dans l’église catholique : dans les cloîtres d’abord (comme « guide-chant ») au XIe siècle, puis au XIIe siècle dans les églises conventuelles puis les cathédrales. Les moines érudits sont allés à Byzance retrouver les techniques du monde hellénique que cette civilisation a pieusement conservé.
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